C'est toujours pour une bouteille que l'on se retrouvera dans un décor de spots clignotants, à remuer nos popotins sur la piste! Ou parfois simplement pour s'assoir, pour regarder, pour se moquer des crétins à perruques, pour déceler des regards qui, même échangés discrètement, ne peuvent que révéler une double vie. Et à cinq heures du matin on s'arrêtera encore au beau milieu des bois en culottes courtes, à essayer d'avaler encore quelques verres. Mais l'alcool finit toujours par nous brûler la gorge.
La musique me transperce les chairs et le nuage de fumée qui m'enveloppe peut donner l'impression de voler. Les bouts de cigarettes en feux sont les étoiles qui guident ces soirées. On a mal aux jambes. On se calme. On récupère les compères allongés sur l'asphalte pour repartir de plus belle. Puis soudain le bordel qui trône dans nos têtes fait contraste avec le silence de la nuit. C'est à ce moment qu'on reconnais ses vrais amis. Ceux qui nous ressemblent. On se dit alors qu'on ne se quittera plus.